La vie d’un cheveu : croissance, repos puis chute
Chaque follicule pileux fonctionne selon un cycle.
La phase anagène correspond à la croissance active du cheveu. Elle dure plusieurs années et concerne, à un instant donné, environ 85 à 90 % des cheveux du cuir chevelu.
Elle est suivie d’une courte phase catagène, pendant laquelle le follicule ralentit son activité, puis de la phase télogène, une période de repos qui dure environ trois mois.
Enfin vient la phase exogène : le cheveu est éliminé tandis qu’un nouveau cycle commence progressivement.
Perdre des cheveux fait donc partie du fonctionnement normal du cuir chevelu. Une chute n’est pas synonyme de disparition du follicule.
Pourquoi les cheveux tombent-ils davantage à l’automne ?
Le cycle capillaire présente une certaine saisonnalité. Une proportion plus importante de cheveux entre en phase de repos au cours de l’été. Comme plusieurs semaines séparent cette phase de la chute effective du cheveu, celle-ci peut devenir particulièrement visible à la fin de l’été et au début de l’automne.
C’est ce décalage qui explique en partie pourquoi beaucoup de patients ont l’impression de perdre davantage leurs cheveux à la rentrée.
Lorsqu’elle est diffuse, transitoire et sans diminution progressive de la densité, cette chute peut donc être parfaitement physiologique.
Et le stress de la rentrée ?
Le stress peut modifier le cycle capillaire, mais son effet n’est généralement pas immédiat.
Après un stress physique ou psychologique important, davantage de follicules peuvent entrer simultanément en phase télogène. La chute apparaît alors souvent deux à trois mois plus tard.
Une chute observée en septembre n’est donc pas simplement provoquée par les premiers jours de rentrée. Elle peut en revanche refléter une période de stress, de fatigue, de maladie, de perte de poids ou de changement alimentaire survenue au cours des mois précédents.
Une chute diffuse peut aussi avoir une autre cause
Toutes les chutes transitoires ne sont pas saisonnières.
Selon le contexte, une chute diffuse peut notamment être associée à :
- un trouble thyroïdien ;
- une carence en fer ou des réserves en fer insuffisantes ;
- certaines carences nutritionnelles ;
- un taux bas de vitamine D ;
- une maladie ou une infection récente ;
- une chirurgie, un amaigrissement important ou un régime restrictif ;
- certains médicaments ;
- une grossesse ou un post-partum ;
- une atteinte inflammatoire du cuir chevelu, comme un psoriasis, une dermatite séborrhéique ou certains eczémas.
Une supplémentation ne doit cependant pas être systématique : elle a surtout du sens lorsqu’un déficit ou une indication médicale ont été identifiés.
Quand il ne s’agit plus simplement d’une chute saisonnière
Une chute saisonnière doit être distinguée d’une alopécie androgénétique, qui correspond à une diminution progressive de la densité capillaire.
Les cheveux du cuir chevelu sont regroupés en unités folliculaires. Sur un cuir chevelu sain, une même unité contient généralement plusieurs cheveux terminaux, souvent deux à quatre.
Dans l’alopécie androgénétique, certains follicules produisent progressivement des cheveux de plus en plus courts et fins : c’est la miniaturisation folliculaire.
Une unité qui comportait plusieurs cheveux épais peut ainsi progressivement comporter moins de cheveux terminaux, tandis que certains deviennent presque duveteux.
C’est notamment ce phénomène qui explique l’élargissement progressif de la raie et la diminution de densité.
La miniaturisation n’est pas nécessairement définitive à ses débuts : certains follicules peuvent encore répondre à un traitement. En revanche, plus elle est ancienne et avancée, plus les possibilités de récupération deviennent limitées.
Faut-il traiter systématiquement une chute d’automne ?
Non.
Lorsqu’il s’agit d’une chute saisonnière isolée, le cycle se rééquilibre le plus souvent spontanément. Multiplier les compléments alimentaires, lotions ou traitements n’est donc pas nécessaire.
Une consultation devient en revanche utile si la chute persiste, s’intensifie, s’accompagne d’une diminution de densité, d’un élargissement de la raie, de zones clairsemées ou de symptômes du cuir chevelu.
Mésothérapie et photobiomodulation : améliorer l’environnement du follicule
La mésothérapie capillaire consiste à réaliser de multiples micro-injections superficielles au niveau du cuir chevelu.
La photobiomodulation, ou luminothérapie par LED, utilise quant à elle des lumières de faible intensité, notamment dans le rouge ou le proche infrarouge.
Ces techniques peuvent être proposées comme accompagnement dans certaines situations, mais il est important de comprendre leur limite : elles ne permettent pas de créer de nouveaux follicules ni de faire apparaître de nouveaux cheveux là où il n’existe plus de follicule fonctionnel.
Elles cherchent plutôt à agir sur des follicules encore présents et à améliorer leur environnement.
On peut l’imaginer comme le terreau d’une plante : améliorer le terreau peut aider une plante encore vivante à mieux se développer, mais cela ne crée pas une nouvelle graine.
La mésothérapie et la photobiomodulation restent donc des traitements complémentaires. Elles ne remplacent ni le diagnostic de la cause de la chute, ni les traitements spécifiques lorsqu’une véritable alopécie est identifiée.
Regarder surtout l’évolution
Voir davantage de cheveux tomber à l’automne est fréquent et peut être parfaitement physiologique.
Ce qui importe davantage que le nombre de cheveux retrouvés dans la douche est l’évolution de la densité dans le temps.
Une chute diffuse qui s’atténue progressivement n’a pas la même signification qu’une raie qui s’élargit, des cheveux qui deviennent progressivement plus fins ou une densité qui diminue année après année.
Avant de chercher à « bloquer » la chute, il faut donc comprendre ce qui se passe. Et parfois, la bonne prise en charge consiste simplement à surveiller et à laisser le cycle capillaire reprendre son rythme.
